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Et nous verrons des ours, inch' Allah !

Publié le par Alain Bourguignon

Cherle Hecteurs,

Nous avons accueilli notre dernière recrue pour cette saison : Quentin, au poste de matelot. Jacky de son surnom. Ce qui nous donne pour l'équipage actuel, en plus de Jacky : Aline (qui n'a toujours pas de surnom bien précis, bien qu'on y travaille), Benoît, Dim, Flo et moi-même. En ce qui concerne la croisière...

Jour 1 - 24.07. Journée marathon du switch, c'est le rush. Je suis bien content d'être rentré raisonnablement tôt cette nuit, ç'aurait été la lutte sinon. Même pas le temps de me doucher que les passagers embarquent, et c'est reparti pour un tour. Parmi eux, des visages connus : une Luxembourgeoise qui avait participé à la belle croisière dans le sud du Spitz l'année dernière, un collègue de voyage de papa qui a participé aux mêmes voyages en Antarctique et au Kamtchatka, et un couple qui était sur la même croisière que papa au Spitz il y a deux ans. Une nouvelle croisière signée Grands Espaces, guidée par Benjamin Dy et Lydie Lescarmontier.

Jour 2 - 25.07. On s'est fait brasser cette nuit, je n'ai quasi pas dormi et je ne suis pas le seul. On a pris refuge dans la baie du Roi, ce qui a écourté la navigation et nous a offert deux heures de sommeil calme. Le matin, les pax sortent à Ossian Sarsfjellet, assez promptement. Je fais mes cabines rapidos, et avec Chef on lers rejoint à terre, investis d'une mission de la plus haute importance : retrouver mon oeillet de jumelles. On monte à moitié en courant, à s'en faire chauffer mollets et poumons, et à l'endroit où j'étais persuadé l'avoir perdu, l'oeillet est là, immobile et patient après presque un mois d'attente. C'est une mission couronnée de succès, après laquelle on redescend tout aussi vite au bateau. Déjeuner, puis après une heure offerte pour la sieste, les pax sortent en zod voir le front de glacier. On les reprend en fin d'aprem', on dîne, puis ils se font une petite marche digestive à Ny London, sur l'île de Blomstrand. On sort également, Aline, Chef et moi pour une marche un peu plus sportive, mais un peu plus seulement : on grimpe sur une petite crête nous offrant une vue pas mal du tout.

Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !

Jour 3 - 26.07. On a passé la nuit au calme dans la baie pour que tout le monde puisse se reposer. A 7h, Popol se met en route vers la Madeleine, pour toute une matinée de nav'. Le ciel est un peu nuageux mais il y a un beau soleil. En début d'aprem, sortie pour les pax pour voir les mergules. Pendant ce temps je vois ma carrière de steward commencer à s'effondrer lorsque, sans aucun signe avant-coureur, mon aspirateur Kärscher fait un AVC et ne répond plus. Heureusement, Dim lui fait aussitôt une opération chirurgicale, et le remet très vite sur... ses roulettes. C'est un miraculé. Merci Dim. Ensuite, chasse à l'ours - vaine dans le Smeerenburg puis le Fugle, et nuit à Holmia Bukta.

Jour 4 - 27.07. Nouvelle matinée de nav'. C'était censé bouger, mais finalement c'est pas pire. On arrive aux Andøyane, dans le Liefdefjorden, sur les coups de 13h. Il y a trop de houle pour explorer avec le zod, alors on traverse en bateau, mais aucun ours ne se montre. Peut-être à cause du grand soleil ? On trace jusqu'à Texas Bar, où les passagers sortent pour une petite marche vivifiante. Aujourd'hui, j'ai demandé à Flo de me couper les cheveux : n'ayant pas de peigne au sein de l'équipage, on fait une demande publique auprès des passagers. Et là, Romaine, la deuxième Luxembourgeoise, se pointe et me dit : "moi je te les coupe, tes cheveux". Elle est coiffeuse. Le hasard fait drôlement bien les choses ! Me voilà avec une coupe rafraichie, ça fait du bien. Merci Romaine ! En fin d'aprem, on passe devant le glacier de Monaco, avec des myriades de mouettes, puis on retourne aux Andøyane pour y passer la nuit. Pendant le dîner, Benjamin part en zod prospecter les îles Lenerøyane, mais il rentre brecouille, no bear.

Jour 5 - 28.07. Nous y voilà : la navigation vers la Terre du Nord-Est, objectif de ce voyage, est entamée. On vogue toute la matinée, dans une mer qui depuis quelques jours est censée être agitée, mais qui est encore pas pire. On arrive en début d'aprem à Murchinson Fjorden, une baie pleine de petites îles rocailleuses qui en font un dédale désertique. Il y a de plus en plus de monde à la passerelle, les yeux dans les jumelles : les passagers commence à s'impatienter de l'ours, mais Benoît leur a expliqué sans perdre son sang-froid que pour les trouver, il fallait les chercher activement... Malheureusement, cette nouvelle recherche à Murchinson ne donne rien. Les passagers sortent un petit coup en zodiac pour prospecter un peu plus loin dans des fonds incertains, mais les seules bêtes qu'ils croiseront seront une paire de canards. On quitte le Murchinson pour aller passer la nuit au calme dans le Lomfjorden. Le stress quant à l'absence d'ours commence à être palpable chez les passagers : ce n'est pas pour être méchant, mais c'est aussi une leçon que le Svalbard enseigne, à savoir que les ours n'en ont absolument rien à carer qu'une douzaine de touristes dépensent une forutne dans l'espoir de les voir. Et il enseigne aussi le contentement, à qui veut bien l'entendre : le Svalbard, avec ou sans l'ours, révèle sa beauté à qui sait la voir.

Jour 6 - 29.07. On se met en route vers Alkefjellet, la fameuse falaise à oiseaux de l'Est, celle où Dim avait secouru un poussin l'année dernière (après lui être passé dessus en zod, ça il a l'air de l'avoir oublié), où nous arrivons en milieu de matinée. Les poussins des guillemots ne sont pas encore prêts à faire le grand saut de la falaise, on est encore trop tôt dans la saison, à notre grande déception à Dim et moi. En revanche et en conséquence, tous les oiseaux sont encore présents : il y en a des myriades, je ne sais pas, peut-être 1 000 ou 2 000, voire 10 000 ou 20 000, ou bien plus encore. En tout cas il doit y en avoir cent fois plus que quand on s'y est rendu l'année dernière. Un truc de gue-din. Le sundeck en est repeint assez rapidement. Le temps est pluvieux, mais le spectacle n'en est pas diminué. On fait un aller-retour au ralenti en Popol devant la falaise - la mer est trop agitée pour du zod -, puis on traverse jusqu'à la petite île de wahlbergoya, où les passagers prennent l'air pour aller voir des morses - et en reviennent un peu plus détendus. On re-navigue cap est, et après dîner, on ressort (je tape l'incruste) voir d'autres morses, à Torellneset, au sud de l'île du nord-est, Nordaustlandandet. On y passe la nuit.

Alkefjellet
Alkefjellet
Alkefjellet
Alkefjellet
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Alkefjellet
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Alkefjellet

Torellneset
Torellneset
Torellneset
Torellneset
Torellneset

Torellneset

Jour 7 - 30.07. Le vent du Nord a fraîchi, ça commence à souffler pas mal. Heureusement ce matin on navigue vers l'est, direction l'immense front glaciaire de Brasvelbreen, et on est ainsi protégé par les terres. Au front, la mer est un peu dégueulasse, le temps n'est pas mieux ; mais ça n'en vaut pas moins le détour. On mange devant, puis on traverse, en se faisant bien brasser, direction sud-est vers l'île de . Et là... Ce sont trois ours, une mère et ses petits, qui sont aperçus !! Bon, certes, ils sont à ouatte-mille mètres de la côte, tout en haut de la coline sous une falaise à oiseaux... De beaux petits pixels, en somme. Mais ils sont là. Oui ! Ils sont là. Bien. Bon ben... on trace notre route. Et on rencontre, plus loin, deux autres ours ! De taille pixel également... C'est jackpot, aujourd'hui. On se remet en route, et on navigue toute la nuit.

Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !

Jour 8 - 31.07. La nuit a été très... superficielle, pour beaucoup d'entre nous. On s'est pas mal fait tabasser. On arrive dans le Woodfjord dans la matinée : on espère avoir une seconde chance pour les ours ici. Peu avant d'arriver aux Andoyane, ce sont des bélugas qui sont aperçus. Le temps est pourri, couvert et pluvieux, mais ça fait longtemps que je n'avais pas vu ces bébêtes blanches ! L'aprem, les pax partent prospecter en zod dans les Andøyane, l'équipage dans les Makeøyane : brecouille, l'ours se joue de nous. Ils rentrent prématurément, les passagers étant un peu gelés à cause de la pluie... On renavigue jusqu'à une baie à côté, où les pax doivent sortir après dîner pour voir une cabane, mais après un discours très... dissuasif, tout le monde abandonne l'idée.

Jour 9 - 01.08. Ce matin... matinée de navigation, pour changer. On retournedans le nord-ouest du Spitz. On arrive à midi devant le Raudfjorden, mais il est rempli de brouillard : changement de programme, les pax sortent voire les macareux à Ytre-Norskøya. Bon, il fait toujours pas très beau, et il n'y a pas beaucoup de macareux... mais ils sont contents de marcher et de se dégourdir les pattes. Après ça, la brume s'est un peu levée dans le fjord : on s'y enfonce pour les faire prendre l'air en zod et chercher de l'ours. C'est JC qui le trouvera, enfin, allongé sur une moraine dans la baie d'Hamilton ! Bon l'ours c'est bien, maintenant il faudrait qu'il bouge. On arrose ça, au pastis puis au champagne, mais l'ours, visiblement, s'en moque comme d'une guigne. Au moins, ça fait une activité pour la nuit : les pax vont se relayer pour veiller, dans l'espoir qu'il se mette à bouger, ou bien qu'il ne bouge pas jusqu'à demain, je n'ai pas bien compris ce qu'il fallait espérer...

Jour 10 - 02.08. Gloire au seigneur des terres froides, l'ours a bougé ! Cette nuit à 1h du mat, pendant le quart de JC. Ils font leur sortie en zod pendant trois heures, pendant que nous autres l'équipage, sauf Benoît, dormons à poings fermés... Et ils reviennent, hallelujah, avec une belle observation. Le matin, il fait un grand ciel bleu avec un soleil chaleureux : le petit déj est reporté suite à leurs péripéties, ce qui me laisse le temps de me réveiller sur le sundeck. Un petit matin ensoleillé avec une légère brise, c'est un régal. Ils ressortent ensuite en zod, pour explorer le Raudfjorden. Pendant ce temps on prépare le déjeuner sur le sundeck. Hélas, l'un des zods tombe en panne, on leur envoie Dimitri Ramirez pour réparations, qui en passant leur retrouve l'ours... ce qui nous retarde le déjeuner. Et nous oblige, pauvres de nous, à patienter sur le sundeck en sifflant une petite mousse au soleil... Après déjeun'deck, on part à Virgohamna : la mer calme n'est qu'un lointain souvenir, ça bouge de nouveau. Les pax sortent voir les phoques communs, on dîne, et taillos vers le sud. Et là, on se fait un peu maltraiter par la mer. On navigue toute la nuit, la mer se calme rapidement.

Jour 11 - 03.08. On arrive à Poolepynten à l'heure du petit déj : il n'y a que quatre morses, mais les pax sont contents de sortir les voir. Puis, comme de coutume, Alkehornet dans l'aprem. On regrimpe jusqu'au pied de la falaise à oiseaux (qui pue), avec Aline, Quentin, Dim et Chef. Et retour à Longyear, end of the cruise !

Et nous verrons des ours, inch' Allah !
Et nous verrons des ours, inch' Allah !

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Pascal Bourguignon 05/08/2016 09:02

impeeecccc, le plus important c'est l'oeilleton quand meme, bravo !