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Back into Svalbard

Publié le

Chers lecteurs !

Me voilà de retour au Spitsberg ! Le Spitz, que j'avais laissé derrière moi alors que la nuit réaparaissait, en septembre dernier. L'archipel du Svalbard, la Terre Froide, le Royaume des Ours. Et me voilà de retour sur le Polaris ! Après deux mois de vacances, de repos, je repars pour un tour. Cette fois, j'embarque pour 5 mois, soit pour 13 croisières : 10 croisières au Spitzberg jusqu'au 10 septembre, un espace d'une semaine pour redescendre en Norvège, puis une croisière aux Iles Lofoten, une croisière yoga, et une croisière des Lofoten jusqu'à Bergen ; après quoi, le 15 octobre, on redescendra à Dieppe, où on aura un petit chantier de dix jours (enfin soit-disant 10 jours, moi je mise plutôt sur 20 !) : la quille prévue pour fin octobre. Mais il est bien trop tôt pour y penser déjà.

J'ai quitté la France le lundi 6 juin : un vol jusqu'à Oslo, puis un jusque Longyearbyen. Comme à chaque fois, l'avion me fait une sorte de distortion spacio-temporelle : le matin de ce lundi me paraît déjà loin d'une semaine, la France juste un souvenir. J'arrive à Longyear à 1h du matin, sous le soleil nocturne, il fait 3°C, un froid sec et apaisant (j'ose dire rassérénant ?). Je prends le bus qui me mène au Guest House 102, un peu au-delà du centre. A nouveau, cela fait étrange de devoir fermer les rideaux pour dormir dans un semblant d'obscurité. Le lendemain matin, je déjeune avec un Allemand de passage (réparateur d'imprimantes !!) et un Hollandais, qui s'avère être le cuisto du Noorderlicht, un voilier concurrent - lui aussi reprend du service. Puis je passe la journée à vagabonder dans Longyear, manger un burger au Kroa, acheter une ancre pour le zodiac. En fin d'aprem' je rejoins le port, où Popol devrait bientôt arriver. Mais il fait quand même assez froid, et mes vêtements chauds sont sur le bateau ! Je me les pèle, longuement, patiemment, sur le quai. Je fais profiter de ma froide situation à papa, qui m'aperçoit sur la webcam du quai de Longyearbyen. Popol finit par arriver, mais il doit faire le plein et se met à couple de la barge Nor Varg pendant près d'une heure pour le soutage. Je suis à moitié congelé quand il arrive enfin à quai. Je lui attache les ficelles et m'empresse d'aller me réchauffer.

Jack le lagopède : mon ami

Jack le lagopède : mon ami

Au fond de Longyear

Au fond de Longyear

Longyear vue d'une ruine

Longyear vue d'une ruine

Popol fait le plein

Popol fait le plein

J'ai la surprise, en embarquant, de découvrir qu'il y a déjà à bord un équipage de six membres ! Au service, Isabelle, qui m'a remplacé pendant deux mois. Elle a bien tenu le choc, et elle a fait du bon boulot, ça fait plaisir. Bon, elle est un peu euphorique à l'idée de débarquer, mais rien d'anormal à cela. A la cuisine, toujours Rodolphe, le remplaçant de Flo. A la barre, Arthur a pris le relais de Benoît depuis l'arrivée au Spitz. Et au matelotage, deux visages inconnus : Colin, qui est arrivé à bord une semaine après mon départ en avril, et Matthieu, arrivé deux semaines plus tôt. Deux jeunes marins sympathiques, qui ont l'air de bien bosser et de bien déconner. Et Dim qui revient la semaine suivante ! Il va enfin pouvoir être un vrai Bosco, roi des matelots. Si j'ai bien compris, il y a eu un petit renforcement du personnel à ce poste pour pouvoir avancer sur un gros chantier dans le bateau : le piquage et la peinture du peak arrière, ancien ballaste qui a été rouvert à Boulogne cet hiver ; quand il sera tout beau tout propre, ils prévoient d'en faire un magasin pour tout le matos mécanique.

Édit : et le 6ème membre of course, Lucho, comment ai-je pu l'oublier ! Luc, le second. Il a rembarqué deux semaines plus tôt, et reste à bord jusque fin juillet. Suite à quoi il nous manquera infiniment... Toutes mes excuses, Lucho, pour avoir oublié de te mentionner ! 

Je prends mon repas à table ce soir là, et je me fais servir par Isa : j'en profite, ce sera la seule et dernière fois que j'en aurais l'occasion ! Je suis un peu décalé, je plane, j'ai du mal à comprendre ce qui m'arrive. Le temps de se réadapter. Plus la crève que je rapporte de France. Et enfin, ma foi, c'est le dernier jour de leur croisière, alors il faut aller boire une bière au bar, pas le choix !

Le lendemain, finie la rigolade. C'est parti, et la réaclimatation ne se fait pas vraiment en douceur : c'est le jour du switch, et Isabelle prend l'avion à 13h avec ses passagers... autrement dit, c'est une journée de nettoyage intensive cadeau. Je retrouve mes marques sur le tas, mais je n'ai pas vraiment le temps de souffler : à 17h, tout fini, je n'ai pas encore pris ma douche que les nouveaux passagers embarquent déjà. Waegoooooooo !!

Jour 1. Pour ma croisière de mise en bouche, j'ai le droit à un groupe de jeunes (majoritairement jeunes) Londoniens, avec quelques Franglais et Anglo-Américano-Heho-Heho-Belges. Le tout accompagné de deux guides Suisses, Pierrot et Alain (un autre Alain of course), qui ont déjà guidé sur la croisière précédente. Ce groupe aura eu un certain... petit faible pour la picole. Malheureusement, pendant plusieurs jours, la relation passagers-équipage est restée un peu atrophiée... Mais il y a commencé à y avoir du mieux à partir du milieu de la croisière. Assez distants au début, ils ont fini par être plus amicaux. Bon, et à la fin, je me suis intégré, et ils m'ont abreuvé de Dalwhinnie. Oui, certes, j'avais la résolution de ne plus boire. A peine les a-t-on accueillis, qu'on quitte Longyear pour rejoindre la baie de Trygghamna, où nous passons la nuit. Depuis peu, on éteint le groupe électrogène pour la "nuit" : c'est magique de pouvoir se poser un petit moment dehors, sans aucun autre bruit que celui de la nature et du clapotis, avant d'aller dormir - et le sommeil en est bien meilleur.

Jour 2. On les largue juste à côté le matin pour leur première sortie. A leur retour, on reprend la route, et elle sera assez longue : on monte vers le nord. On prévoit de s'arrêter à Poolepynten pour dire bonjour à nos amis les morses, mais il y a déjà le Noorderlicht qui est sur le coup : par politesse, on ne fait qu'un passage devant avec Popol, et on reprend notre chemin. On arrive assez tard à notre destination, la Baie du Roi : on mouille l'ancre à côté du glacier Blomstrandbreen.

Back into Svalbard
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Matthieu aux jumelles

Matthieu aux jumelles

Jour 3. Les passagers font leur petite balade quotidienne, et nous, pendant ce temps, on est peinard. Non pas qu'on se tourne les pouces, mais au moins on peut lâcher autant de conneries qu'on veut ! Une fois tout le monde à bord, on continue notre progression vers le nord : on monte jusqu'à la Baie de la Madeleine.

Le 4ème jour, on les dépose juste à côté. Le temps n'est pas moche du tout. Ils prévoient ensuite une petite sortie pour aller voir les Morses, et moi ça me tente bien. Arthur me dit : "Tu les emmeneras avec Colin, tu prendras le 2ème zod'." "Mais... je suis pas super à l'aise pour emmener les passagers en zod'..." Je fais la récup' des skieurs avec Colin pour me faire la main. Pas de blessés ni de dégâts. On déjeune, puis on part pour les Morses, sur un petit banc de sable pas loin. Finalement, c'est Arthur qui pilote - c'est aussi bien. Quel plaisir de retrouver ces grosses bêtes. A l'odeur, je trouve que ça sent un peu comme dans un poulailler. Ou dans un pigeonnier. Enfin, en tout cas ça daube. Tous entassés les uns sur les autres, ils doivent se prendre des coups de défenses à longueur de temps, but they don't give a piece of shit (enfin, techniquement, si). On se rapproche doucement, mais si on vient trop près, ils commencent à s'agiter, à se lever. Puis quand ils sont rassurés, ils s'affalent de nouveau par terre, sens dessus dessous. En repartant, on fait un petit détour pour voir le glacier de Gullybreen. Puis avec une moitié des pax, on part voir les Mergules nains, sur le pierrier du versant de l'Alkekongen. De petites peluches toutes mignonnes. Quand ils s'envolent, ils plongent vers le bas de la pente à toute allure en piaillant : ils passent juste au-dessus de nos têtes, de bon petits rocket birds ! Puis retour au bateau, il est déjà quasi l'heure de dîner. Et pour bien finir la journée, on se fait une petite sortie avec Colin, Luc et Matthieu : juste posés sur une plage de galets, au soleil de 22h, une petite mouquette, tranqui tranqui, c'est royal.

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Colin et Rodolphe

Colin et Rodolphe

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Captain !

Captain !

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Colin et Matthieu

Colin et Matthieu

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Jour 5. Temps assez brouillardeux, nuages bas. On quitte la Madeleine pour naviguer vers le Nord, un peu en mode improvisation : on cherche à trouver soit un ours, soit une bonne pente. On navigue, on navigue... pas très longtemps. Les passagers n'ont pas l'air plus intéressés que ça par la nav' ou la recherche du plantigrade. Ils partent skier plus tôt que prévu, dans le fiord de Smeerenburg. L'aprem, on navigue dans le Fuglefjorden, encore un peu plus au nord : devant le glacier Svitjodbreen se trouve un champ de glaçons et petits icebergs, à travers lequel on progresse tout doucement. Tout le monde est sur le pont, ça a plus de succès que ce matin. Mais toujours pas d'ours, ni même de phoque sur les glaçons. On finit par rebrousser chemin, et on passe la nuit à Smeerenburg.

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Jour 6. Déjà l'avant-dernier jour ! On dépose les pax au sud du fjord, et on trace notre route pour aller les attendre de l'autre côté de la montagne, dans la Baie de la Madeleine. Il fait super beau. On retrouve Jojo et son pote, des amis à Rodolphe : deux goélands, des habitués, qui visiblement apprécient beaucoup sa cuisine ! On récupère nos Angliches, je leur amène la bière sur le pont (avec des verres sortis du congélateur, ça a un succès fou). Et il est temps de reprendre la route pour Longyear... On a un temps de rêve pour la navigation : bien qu'exposés sur le côté ouest du Spitz, on jouit d'une mer d'huile toute la soirée, et d'un soleil particulièrement appréciable. Il faut aller se coucher, mais on y va à reculons...

Jour 7. On a dormi au pied du sommet de Monaco, sur l'Île du Prince Charles. On y dépose les passagers tôt le matin, car la capitale est encore assez loin. Mais au bout d'une heure et demi, ils rebroussent chemin : il a fait trop chaud ces derniers jours, la neige a fondu, et le couloir qu'ils envisageaient est trop dangereux à monter. Retour précoce à la case Popol ! De nouveau, la mer est on ne peut plus plate - mais cette fois on est protégé par Charles.

Ainsi s'achève ma première croisière. Les prochains articles seront vraisembablement de moins en moins longs et de moins en moins riches en photos, à mesure que s'installera la fatigue. Can't help it. Demain, on aura le plaisir de retrouver notre Bête des fiords - des fiords et des buffets -, notre cher Dimitri. Ainsi qu'Agnès Brenière et Marie Pelle, qui guideront nos prochains passagers. Que de la bonne compagnie. Deux jours avant les prochains passagers, hallelujah ! (Ce sera la seule fois de la saison...)

Je suis content d'être de retour là-haut, en tout cas, ça fait du bien.

A dans dix jours, chers lecteurs !

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Pascal Bourguignon 15/06/2016 10:09

bientot mon tour ! :)