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Lofoten to Bergen : last but not least !

Publié le par Alain Bourguignon

Chers lecteurs,

Voici un article un peu spécial : c'est l'histoire de ma toute dernière croisière à bord du Polaris ! Car, pour ceux qui ne le savent pas, eh oui, l'aventure prendra fin avec 2018. Pour de nouveaux horizons ! Après une escapade de trois ans et demi dans l'univers marin, je retourne à la terre, pour tenter d'en tirer, littéralement, ma subsistance. Notre subsistance.

Mais l'heure n'est pas encore à ces projets, certes imminents, mais à notre dernière croisière de la saison, la fameuse dernière : celle qui débute à Svolvaer, dans les Lofoten, et qui descend jusqu'à Bergen en passant par des fjords et des îles... vraiment pas dégueus. Pour l'occasion donc, alors que l'énergie me manque chaque fois à cette période pour en extraire un récit, je m'adonne cette année à une certaine discipline, pour, je l'espère, votre plaisir - ou à défaut, pour mon plaisir à moi de vous faire partager tout ça.

Embarquez avec moi, chers lecteurs, et que l'aventure commence !

Lofoten to Bergen : last but not least !

Vendredi 5 octobre

Nous accueillons nos passagers à Svolvaer en fin d'après-midi, en trois fournées - à 22h30 arrivent notre dernière passagère, ainsi que Marie Pellé, notre guide, et Dimitri, notre Bête des Fjords. Côté équipage, nous serons donc 7 cette semaine : avec Arthur aux manettes, Jordan le lieutenant, Owen le chef mécanicien, Eric le porc-épique, Christine and the Queens la cuisinière, et moi, le stew. Ready to go.

Samedi 6 octobre

Nous nous levons de bonne heure pour pouvoir optimiser cette journée. D'après le captain, un coup de vent est prévu dans les prochains jours, avant lequel il nous vaudrait mieux avoir quitté l'archipel et nous être rabattus sur le continent, aussi n'avons-nous que deux jours à consacrer aux Lofoten. Le matin, avant que les passagers n'émergent pour le petit déj, un petit vizon furtif vient nous rendre visite, passant comme une ombre devant le bateau dans la lumière encore crépusculaire. Après le briefing sécurité, à 8h30 nous appareillons et quittons la capitale des Lofoten. La mer est calme, le ciel moitié nuageux, moitié ensoleillé. Cap sur le Trollfjord. Hélas, arrivés là-bas, le ciel se bouche et nous asperge d'une pluie neigeuse. Les passagers sortent tout de même en zodiac pour une balade des fjords, moi je reste au chaud - il y a parfois du bon à passer l'aspirateur.

Nous déjeunons pendant la navigation, alors que nous faisons route sur l'île de Skrova. Nous nous garons à quai, grâce aux manoeuvres du captain et aux magnifiques lancers d'amarres et de toulines de nos marins, ces p'tits bonhommes toujours de bonne humeur, p'tits bonhommes toujours prêts à rendre service. Le soleil est de retour, j'en profite alors pour monter au sommet pendant que les passagers sont de sortie. La vue est toujours aussi belle là-haut, et je me fais surprendre par une légère tombée de neige qui sublime le tableau. De l'autre côté de l'île, j'aperçois le Polar Front qui taille sa route vers Bodo - j'en profite pour saluer Luc qui est aux manettes dedans !

Au retour, un petit souci technique dont je ne parlerai pas ici (rien de grave !) nous ramènera à Svolvaer au lieu d'Heningsvaer - au moins ça finit pareil -, où nous passerons la nuit.

Lofoten to Bergen : last but not least !
Ce p'tit bonhomme, c'est Jordan !

Ce p'tit bonhomme, c'est Jordan !

Lofoten to Bergen : last but not least !
Skrova

Skrova

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !

Dimanche 7 octobre

Nous quittons Svolvaer avant le réveil du soleil. Nous nous rendons à Nusfjord (prononcez nusfiord mais ne faites pas de mauvais jeu de mot !). Depuis que les marins sont au nombre de cinq, on m'a relevé de ma mission d'aller en zodiac sur le quai pour capeler les amarres. Dommage. Nous y arrivons à 10h, et le groupe descend pour une petite balade à terre, le long des lacs et jusqu'au phare. Le soleil alterne avec les grains, et les sommets alentours sont saupoudrés d'une neige toute fraîche, contrastant avec les couleurs chaudes de l'automne - je n'ai jamais vu Nusfjord ainsi paré.

Nous naviguons ensuite, en tout début d'après-midi, vers Reine, passons sous le pont et jetons l'ancre dans le Bunesfjord. Où une partie seulement des passagers, cette fois, descend se promener vers la plage. Pour ma part, je m'octroie un repos après-midical bien requiquant. Avec Christine, on milite pour une nouvelle forme de thérapie : la free-réveillothérapie, consistant à se lever à l'heure que l'on veut, pour un bien-être physique et mental - mais la révolution n'en est encore qu'à ses balbutiements.

En fin d'après-midi, nous devons déjà dire au-revoir à nos chères Lofoten. Nous mettons cap vers le Sagfjord, au-dessus de Bodo, où nous allons régulièrement en février avec des skieurs ou raquettistes. La mer est un peu agitée, mais c'est gérable (gérable, pas agréable, certes). Enfin, pas très longtemps, finalement. La houle va grandissante, et à l'heure de servir le dîner, on en a déjà perdu quelques-uns. Je fais de mon mieux, pour ma part, pour apporter à manger aux braves survivants, mais la mer finit par me vaincre à mon tour... En trois ans et demi de Polaris, c'est la première fois que je ne suis pas à même d'assurer un service en entier... et cela arrive sur ma toute dernière croisière. Evidemment. Heureusement Eric, Marie et Arthur m'ont relevé et ont pris la chose en main. Merci à eux. Et Bravo à Christine, qui a réussi à attendre de servir les plats avant d'aller s'échouer à son tour. Ce fut un beau combat.

Nusfjord

Nusfjord

Lofoten to Bergen : last but not least !

Lundi 8 octobre

Nous retrouvons ce matin notre cher Sagfjord qui s'éveille, avec ses sommets déjà vêtus de blanc, et teintés d'une douce lueur rosée : comme si toute l'agitation de la veille n'avait été qu'un mauvais rêve. Nos passagers vont aujourd'hui marcher près de ce lac, que je ne connais qu'entièrement gelé. Un vent bien glacé les a accueilli, semblerait-il. Certains partent en zodiac avec Arthur pour un petit tour dans le fjord, pour saluer les cascades.

Nous déjeunons au calme au fond du Sagfjord (Les gens ne se rendent pas assez compte à quel point c'est une chance de manger sur une surface plane et stable !). Et, après une petite distribution de pillules stugeron ("Qui veut du LSD ? Ah, non, celles-là c'est pour les rêves érotiques...") contre le mal de mer, nous reprenons notre route, qui sera encore longue et mouvementée.

Sagfjord

Sagfjord

Lofoten to Bergen : last but not least !

Mardi 9 octobre

Cette journée est entièrement dédiée à la navigation, aussi ne m'y attarderai-je pas. A noter peut-être le passage devant la Montagne Percée nommée Torghatten. On dirait un névé sur la photo mais c'est bel et bien un trou !

Lofoten to Bergen : last but not least !

Mercredi 10 octobre

Nous arrivons tranquillement, ce matin, après avoir parcouru quelques 350 miles depuis le Sagfjord, soit environ 650 km, sur la toute petite Ile de Grip. Ce petit caillou (qui fait en fait partie d'un archipel d'îlots) au large des terres, abritant de jolies maisons norvégiennes de toutes les couleurs, a servi pendant des siècles de résidence aux pêcheurs, attirés ici par la morue. Entre 100 et 400 personnes y habitaient selon la rentabilité de la pêche, ce nombre pouvant grimper jusqu'à 2000 au plus fort de la saison. Aujourd'hui, Grip est désertée de ses habitants. Depuis 1974, à cause de la centralisation. Les vieilles maisons servent maintenant de résidences d'été, et sont toujours entretenues et joliment peintes.

Nous restons la journée entière au mouillage, devant l'entrée de Grip, les passagers allant le matin se promener en zodiac autour de l'île avant d'en faire le tour à terre, et l'après-midi ayant au programme une partie de pêche pour certains, et une nouvelle sortie en zodiac pour d'autres.

Nous levons l'ancre à 20h, après avoir eu le temps de déguster un fondant au chocolat, clou du dîner de ce soir. Nous nous dirigeons vers les fjords ! Avant d'aller dormir, la mer se déchaîne quelque peu, pour bercer notre sommeil, mais un peu violemment quand même...

Lofoten to Bergen : last but not least !
Grip

Grip

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !

Jeudi 11 octobre

Je me lève alors qu'il fait encore nuit noire. Dimitri et Owen viennent de remplacer Eric et Jordan à la passerelle. Et c'est le Storfjorden, dans lequel nous nous enfilons, qui commence à s'éveiller à nous sous de fugaces lueurs rosées. Nous poursuivons la route à l'intérieur du fjord pendant le petit déj, puis tout le monde sort sur le sundeck, dans l'air matinal doux de cette Norvège plus méridionale, pour admirer le paysage aux couleurs d'automne et aux cascades bien fournies. Nous arrivons alors dans une des ramifications du Storfjorden, au bout duquel se trouve le village de Geiranger (dont il est question dans le film The Wave, que Marie ne montrera aux passagers qu'après la journée achevée, ne souhaitant pas les traumatiser !). Le soleil commence à illuminer ces flancs jaunes et orangés, c'est sublime. Nous déposons certains de notre groupe à terre, avec Arthur et Marie, pour monter jusqu'à une ferme nichée dans les hauteurs du fjord. Pendant ce temps, je file en zodiac jusqu'à Geiranger (grouillante comme je ne l'ai jamais vue de touriste à cause d'un énorme paquebot stationné ici) pour faire quelques provisions en fruits et légumes pour Christine. Et à mon retour, ma foi, c'est déjà l'heure de l'apéro : tournée de Gin Basil Smash pour ces dames restées à bord !

Après le retour de tout le monde et le déjeuner, nous nous déplaçons dans le petit bras de fjord juste à côté, pour nous mettre à quai au petit village d'Hellesylt, où deux heures sont accordées à tous pour vagabonder librement. Et à 17h, nous reprenons le fjord en sens inverse, pour notre destination du lendemain !

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
J'y suis allé un peu fort sur le flash...

J'y suis allé un peu fort sur le flash...

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
A quai à Hellesylt

A quai à Hellesylt

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !

Vendredi 12 octobre

Ce matin, c'est la magnifique petite île de Kinn qui nous accueille ! Le vent s'étant levé, nous ne jetons pas l'ancre au pied de l'île comme les années précédentes, mais allons nous amarrer pour la toute première fois au quai. Eric et Jordan n'étant pas de quart, nous aidons avec Marie à la manoeuvre : elle va sur le quai attacher les ficelles tandis que je m'occupe de la plage arrière du bateau, Owen étant à l'avant, Dim dans le zodiac, et Arthur à la manoeuvre. Une jolie lumière éclaire cette matinée ventée. Notre groupe part alors pour un tour de l'île à pieds. De mon côté, je me speede pour faire mon ménage, et me rue à mon tour dehors pour grimper au sommet avant que le temps ne se gâte. Jordan me rejoint, et nous entamons l'ascention vertigineuse des 315m du mont Kinnafjellet ! Là-haut, le vent est à décorner les boeufs, et même à décoller les boeufs. On peine à tenir en place face à la pente d'où vient le vent. Je me laisse flotter un moment, les yeux pleurant et l'air remplissant mes poumons sans même que j'aie besoin de respirer. Ma foi, ça décoiffe. Sans trop nous éterniser, nous redescendons plus au calme. Trois vaillants passagers montent à leur tour en haut de l'île avec Marie, pendant que les autres sirotent un petit Pouilly Fumé au soleil sur le sundeck. Question de goût. Puis nous reprenons sans tarder la route vers le Sud, tout un après-midi et toute une nuit de navigation (calme malgré le vent) nous attendant.

J'emporte toutefois de ma dernière visite à Kinn une certaine déception, car les propriétaires de l'île étaient absent, et je n'ai pas pu comme je l'esperais depuis près d'un an leur acheter une peau de mouton, un des frères du Baltus de Luc, un de ces moutons vagabonds qui ont une île magique pour paître à leur guise...

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Santé !

Santé !

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !

Samedi 13 octobre

Cher lecteur, je te prie maintenant de m'excuser pour la fin quelque peu précipitée de cet article et des photos... Il est certaines périodes dans la vie d'un marin, où malgré les merveilles, un coup de mou vous gagne, et lors desquelles vous vous extirpez de ce qui se passe à l'extérieur. Ce fut mon cas et j'en suis navré ! Deux jours de pluie... Voici toutefois un bref résumé.

Nous arrivons à 6h du matin au quai flottant de Flam, sous une triste pluie donc. Nos passagers passent la matinée en ville à faire des emplettes, et l'après-midi ils montent dans la vallée avec le petit train, pour redescendre à pieds, pour les vaillants, ou en train, pour les... amateurs de train. Pas de vélo cette année, trop dangereux sans doute à cause de la pluie. Nous passons la nuit à quai, et allons malgré tout boire une de ces bonnes bières artisanales de la brasserie viking Aegir.

Dimanche 14 octobre

Nous appareillons à 8h30 en nous dirigeant vers le Naeroyfjord, toujours sous la pluie. Le matin, le groupe sort d'abord en zodiac pour aller observer des petits phoques, puis se balade à terre dans le village de Bakka. L'aprem, les marcheurs partent pour la petite randonnée du chemin postal. Et à leur retour en fin d'aprem, nous filons vers Bergen. Déjà la dernière étape !

Lundi 15 octobre

Je suis envoyé avant la fin du petit déj, en zodiac pour aller me positionner sur le quai à Bergen, et prendre les amarres. Une bouffée d'air frais matinale, ça fait toujours du bien. Le matin les pax partent pour une balade sur le funiculaire, ainsi que pour une sortie en zodiac dans le port. Pour ma part, c'est une virée dans les boutiques de la vieille ville ! L'après-midi, pendant que les passagers sont en visite libre dans Bergen, nous procédons à un soutage, pour faire le plein avant de repartir en Ecosse et en France. Et c'est notre dernière soirée avec les passagers !

Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !
Lofoten to Bergen : last but not least !

Et voilà, cher lecteur, nous y sommes ! La suite avec le Polaris, ça se passe à Fraserburgh en Ecosse pour un arrêt technique, et pour boire du whisky ! :-D

Et me concernant, la suite pour l'année prochaine... ça se passe ici :
colibris-wiki.org/ecoprojet-kookaburra

Ne vous laissez pas surprendre par le nom du projet "Kookaburra", c'est un nom provisoire... ;-)

A bientôt, chers lecteurs, et que tout soit propice !

Le Stew.

P.S. : une petite photo de l'équipage pour terminer.

Lofoten to Bergen : last but not least !
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A
Mon adresse mail correcte . Mylène Aujard-Catot
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A
Merci encore une fois cher stewart et super photographe et reporter pour ces beaux partages d’aventures humaines et nature . Grâce à vous j’ai l’imression D’avoir voyagé avec vous tous et mon fils Éric ! Quel bonheur vous nous avez procuré et que de découvertes on a fait ! Avec toute mon affection et bonne route, vous avez beaucoup de talent et d’humanite . Merci encore mille fois . Mylène
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P
joliiiiiii cette poudreuse sur les lofoten d'automne, j'aurai aimé etre la aussi :)<br /> et des belles photos d'arbres, tu vas bientot devoir acheter une grosse chambre ... :)
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