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Cultivons l'optimisme et la détermination !

Publié le par Alain Bourguignon

          Chers amis,

          A l'heure du second tour des élections présidentielles, et des horizons peu lumineux qu'elles laissent déjà présager, je souhaitais évoquer la retraite silencieuse que j'ai effectuée au début du mois d'avril, à Tartchin Ling dans le centre de Karma Ling, et partager avec vous quelques-uns des enseignements que j'en ai tirés. En particulier en ce qui concerne l'optimisme, et la détermination, que je souhaiterais voir aujourd'hui se propager en chacun de nous, moi y compris, et y remplacer l'amertume et l' écoeurement. Dans cet article, j'évoque des citations, des enseignements qui sont tout autant applicables au travail intérieur par le biais de la méditation, qu'au travail extérieur de tous les jours en vue d'oeuvrer pour un monde meilleur. Les deux sont un peu l'analogie l'un de l'autre, mais ils sont en plus de ça complémentaires. "Sois le changement que tu veux voir dans le monde", disait Gandhi. Le travail intérieur et le travail extérieur sont analogues, complémentaires, et surtout indispensables.

          Alors allons-y, parlons d'optimisme et de détermination !

Cultivons l'optimisme et la détermination !

          Cette retraite silencieuse à Karma Ling, a justement commencé pour moi avec un doux vent d'optimisme. Je suis reparti le 31 mars, en début d'après-midi, de Léoux, dans la Drôme, où j'ai suivi une semaine de jeûne et randonnée. Après qu'une des participante m'ait déposé à Valence, et après m'être rué sur un kinder bueno, j'ai pris le dernier train jusqu'à Pontcharra, à côté de Chambéry. A encore 16km de Karma Ling, et il se faisait déjà 22h, un vendredi soir. Il n'était pas question de marcher pendant 4h, ni même de mettre 45 euros dans un taxi !

          Or, voilà. Dans le train, j'ai fini mon livre de Pema Chödrön, qui évoquait à la fin de celui-ci la persévérance, la discipline et la confiance de ceux qui veulent se libérer de la souffrance - et y parviennent. Ca m'a inssuflé une bouffée d'optimisme, exactement celle qu'il me fallait ! J'ai marché jusqu'à la sortie de Pontcharra, et à 22h30, j'ai tendu le pouce sous un lampadaire. Plein de confiance. Quelques minutes après, un groupe de 6 jeunes se sont dirigés droit vers moi, marchant en plein milieu de la route d'une démarche rappelant celle de Walking Dead... Oh, oh... J'ai dégluti, pas bougé, et ils m'ont dépassé en me saluant. Et peu après, la voiture que je savais qui allait arriver, la perle de la nuit, arriva. Arthur, un jeune très ouvert, m'a conduit jusqu'au prochain patelin. Puis a décidé de faire un crochet pour le suivant. "Oh, et puis allez, je te dépose à Karma Ling !"

         Pour moi, ce fut un de ces petits miracles, ceux qui arrivent tous les jours, pourvu qu'on leur donne un peu d'attention, et qu'on les nourrisse d'un peu d'optimisme.

Cultivons l'optimisme et la détermination !

          Il existe une pratique de méditation, que Thich Nath Hanh notamment évoque dans ses livres, et qui s'appelle le demi-sourire. Elle consiste, tout simplement, à méditer en affichant, sur ses lèvres, l'esquisse d'un sourire. Ce simple sourire peut, avec l'entraînement, induire un état de bonne humeur toute naturelle. C'est une pratique qui permet, lorsqu'on la pratique avec sincérité, de lâcher prise sur les émotions qui s'emparent de nous.

          Je l'ai beaucoup utilisée pendant cette retraite, à ma sauce, et surtout entre les méditations assises : quand la lassitude, le découragement, la perte de l'envie, me prenaient, je faisais simplement une pause, en souriant, comme si je me souriais à moi-même. Le découragement ou autre était toujours présent, mais il était comme dissocié de moi, j'étais moins pris dedans. Et cela permettait à l'émotion d'être plus facilement emportée par le vent, et la motivation pouvait alors se restructurer, et je pouvais me re-gonfler à bloc. Sans avoir à lutter contre moi-même. C'est une pratique on ne peut plus simple, mais qui porte ses fruits.

          Avec des variantes : en plus du sourire, j'y apportais quand je pouvais de l'humour, de la dérision. Un peu comme si je faisais des grimaces à mon reflet dans le miroir, comme si j'essayais de faire rire l'enfant qui se trouvait dans ce reflet. 

          Je pense qu'on peut appliquer cette petite pratique à l'échelle du monde extérieur, en particulier en se désinvestissant un peu de toutes ces informations quasi toujours négatives que nous jettent les médias, en respirant, en souriant, et en créant du positif. Et ça commence par se comporter humainement et fraternellement avec les autres, en toute circonstance.

Cultivons l'optimisme et la détermination !

          Il y a dans les enseignements du Lojong ("l'entraînement de l'esprit"), de la tradition Mahayana du Bouddhisme Tibétain, un slogan qui pendant cette retraite a particulièrement captivé mon attention : le slogan #17, qui nous invite à travailler, durant toute notre vie, avec les cinq forces : la force de la détermination, la force de l'entraînement, la force des graines positives, la force de la renonciation à l'égo, et la force des souhaits.

          Il nous faut préserver, entretenir, nourrir, attiser, tous les jours, à chaque instant, coûte que coûte, cette motivation, cette détermination : c'est primordial. Même si les mauvaises habitudes ont la peau dure, et que la progression met un temps fou, voire ne semble pas opérer. Lao Tseu a dit "Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas". Il faut savoir lâcher prise sur le but vers lequel on chemine, et se concentrer sur chacun de nos pas, l'un après l'autre, même si chacun ne nous rapproche que d'un pas de notre but. En d'autres termes, il ne faut jamais baisser les bras, et toujours entretenir le feu de notre détermination, quel que soit le résultat.

          Chaque méditation, chaque rappel à la pleine présence est une graine d'éveil. Et chaque effort, chaque action juste accomplie est une graine d'éveil pour notre monde. Avec la force de l'entraînement, de la familiarisation, et avec la force des bonnes graines, on peut avoir confiance dans le fait que le processus est bel et bien en marche. Une forêt met des dizaines d'années à pousser, et pourtant, même si on ne le voit pas, on peut être certain qu'à chaque instant, elle grandit. Chaque graine pousse, et participe à en semer d'autres. Je suis certain qu'il en va de même pour chacun de nous, ainsi que pour le monde.

          Même si la haine que certains tentent de semer nous fait penser l'inverse. Pour reprendre une citation de Gandhi et la même métaphore : "Un arbre qu'on abat tombe avec fracas, une forêt qui germe grandit en silence". Viendra un moment où, comme l'affirme Matthieu Ricard, l'évolution silencieuse, la révolution silencieuse, aura atteint une telle amplitude qu'elle fera basculer la balance en faveur du progrès : à ce moment là, les changements qu'on attend désespérément venir du haut pourront s'opéreront. Peut-être est-il encore trop tôt, peut-être ne manque-t-il pas grand chose : alors continuons à oeuvrer ! La planète et ses habitants ne peuvent plus s'offrir le luxe d'attendre.

Cultivons l'optimisme et la détermination !

          Il y a eu pour moi une grande différence entre la retraite silencieuse que j'avais suivie l'année dernière à la même saison, et celle de ce printemps. Les conditions extérieures étaient semblables, mais les conditions intérieures ont vu une belle petite amélioration. C'est une illustration de la mise en pratique des cinq forces : on n'a pas forcément l'impression, d'une méditation à une autre, d'une tentative d'accueil à une autre, d'un effort à un autre, qu'il se soit passé grand chose. Notre vie ne change pas d'une seconde à l'autre, et on a pour ainsi dire l'impression qu'elle ne change pas. On peut parvenir, pendant une seconde, à s'aimer soi-même, et la seconde d'après, retomber dans l'auto-dévaluation.

          Et pourtant, à chaque méditation, à chaque accueil, à chaque effort, un infime et imperceptible changement s'opère. C'est chaque fois une graine qu'on plante, et même si les mauvaises herbes envahissent toujours le jardin, cette graine germera tôt ou tard. C'est ce qui se passe pour chacun de nous, et c'est aussi ce qui s'est passé pour moi : par rapport à ma précédente retraite, je me sentais un peu plus adulte, plus responsable, plus confiant, plus doux et respectueux envers moi-même, et plus sensible envers les autres. Et le tout s'est assez nettement fait sentir dans ma pratique de la méditation, qui en était plus stable et joyeuse.

          J'ai fait part de tout cela au Lama Gyaltsen pour qui j'ai énormément de considération et de sympathie, et qui est arrivé au centre de Tartchine Ling le même jour que moi, heureuse coïncidence (coïncidence ?). Je lui ai aussi notifié que depuis quelques mois, j'avais également un paquet d'énergie à investir dans diverses choses, notamment dans notre projet d'écovillage. Il m'a répondu que c'était tout à fait normal. "Eh bien oui ! Quand on apprend à s'aimer soi-même, quand on cesse de lutter contre soi-même, on économise une énergie considérable, qu'on rend alors disponible pour d'autres choses." 

Cultivons l'optimisme et la détermination !

          Voilà, chers amis, cet article un peu décousu était ma pierre à l'édifice, pour redonner un peu de souffle à cet espoir d'un monde meilleurs, où les plus belles qualités humaines seront à l'oeuvre. Puisse-t-il atteindre son but, et surtout, puisse-t-il me convaincre moi-même ! :-)

          En bonus, 5 liens pour nous amener vers des choses concrètes que l'on peut faire pour agir véritablement, hors et audelà de notre pseudo "droit démocratique". Je vous invite à les suivre, et à vous laisser inspirer !

          Et comme on dit à Karma Ling : "Que tout soit propice !"

P.S. : les photos ne sont pas de moi !

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